En mémoire de Maurice FAVRE

dimanche 7 janvier 2007

En mémoire de Maurice FAVRE

Maurice FAVRE, nous a quittés le 23 décembre 2006 dans sa 88ème année. Après Pierre-Jean Radiguet, c’est donc un deuxième Président d’Honneur que perd l’AFDERS. Au nom de tous, nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

JPEG - 98.9 ko

Né en 1919, il se consacra très tôt à la technique, obtenant en 1943 un diplôme d’Ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris. Il fit ses premières armes professionnelles dans la domaine des tubes HT utilisés dans les radars de la CSF, poursuivit sa spécialisation dans le domaine de la propriété industrielle après une formation complémentaire à l’INPI et termina sa carrière professionnelle comme Expert en brevets.

Les recherches d’antériorité, condition de l’établissement d’un dossier de brevet contribuèrent à donner à Maurice une capacité "encyclopédique" dont il faisait volontiers profiter son entourage. Il a signé de nombreux comptes rendus et articles dans les revues Harmonie (sous le pseudonyme de Maurice Carcenac), la Revue du Son, Electronique pour Vous, Hi-Fi Stéréo, et les encyclopédies Atlas, dans les rubriques Cinéma et Enregistrement, car il était aussi un passionné de Cinéma, et plus particulièrement des comédies musicales et du Technicolor auquel il a consacré une série d’articles dans le bulletin de l’Association.

S’il avait quelques défauts, dont celui d’aimer avoir raison (mais qui ne l’a pas ?), ainsi qu’un esprit volontiers caustique, il avait encore de plus nombreuses qualités, dont l’amour de la langue française (il avait ainsi participé dans sa jeunesse au Concours Général dans ce domaine), le goût des relations sociales, celui du dessin, qu’il maîtrisait suffisamment pour avoir illustré plusieurs articles, la photographie, et une passion pour la Vie Culturelle et les Arts en général. Il aimait également jouer du piano, de l’orgue, voire… du violon.

Il utilisait ses compétences pour illustrer les objets de ses passions, n’hésitant pas à réaliser plusieurs diaporamas, dont un consacré aux monuments de Paris et à leurs détails architecturaux. Il s’était passionné pour l’orgue du Gaumont-Palace, et avait collaboré à la réalisation de plusieurs films dans le cadre de la Thomson, en liaison avec René Bouillot.

Cette capacité intellectuelle a ainsi été accompagnée d’une capacité à réaliser. Maurice n’a ainsi pas hésité, aux premiers temps de la haute-fidélité, à construire son magnétophone ou à réaliser une machine à graver. Passionné de microphones et notamment des modèles Neumann, il a été plusieurs fois sollicité pour reconnaître les micros utilisés dans certaines scènes cinématographiques.

Figure indissociable de l’AFDERS, dès l’origine, Maurice en fut l’un des acteurs les plus constants et les plus engagés, à une époque pionnière de l’électroacoustique grand public. Si son nom n’apparaît pas dans le compte rendu officiel de la création de l’association, le 4 septembre 1954, il est toutefois vraisemblable qu’il ait fait partie des membres fondateurs de l’association, puisqu’il était suffisamment engagé dans ses activités pour entrer au Bureau à l’occasion de l’Assemblée Générale du 23 Juin 1956. Son premier compte rendu dans la Revue du Son apparaît en Juin 1960. Il a alors la responsabilité de la Section "Chasseurs de Son" et devient Secrétaire
Général en novembre 1962. En 1963, Georges Batard est élu Président et pour une courte période, Claude Gendre assure le Secrétariat Général. Maurice reprend ce poste en 1964 pour le garder jusqu’en 1986, où il succède à Pierre-Jean Radiguet au poste de président, passant la main en 1992 à Didier Simon, devenant alors Président d’Honneur de l’association.

JPEG - 100.7 ko

C’est donc d’un engagement de plus de 50 ans au service des passionnés du Son qu’il faut créditer Maurice Favre. Un adage dit que lorsqu’un homme meurt , c’est une bibliothèque qui brûle. Ceci pourrait être plus particulièrement vrai dans le cas de Maurice, si sa passion de la pédagogie et de la transmission aux jeunes générations n’avait fait qu’il nous incombe aujourd’hui d’être les porteurs de la mémoire et des valeurs qu’il a toujours défendues.

JM. Grandemange et J. Chaponnay.

MP3 - 4.3 Mo
Son MP3 à télécharger

Présentation du banquet le 11 juin 2005

Maurice Favre présente l’invité Lionel Risler


Commentaires

Logo de Jean-Claude Tonnellier
samedi 29 novembre 2014 à 02h36 - par  Jean-Claude Tonnellier

Je découvre aujourd’hui cet article sur la disparition de Maurice Favre, dont j’ai fait la connaissance en 1972-1973, au Centre d’étude international de la propriété industrielle (CEIPI) de Strasbourg. C’est là qu’il a fait sa formation complémentaire (et non à l’INPI comme indiqué par erreur dans l’article). Etre titulaire du diplôme du CEIPI était l’une des conditions pour obtenir le titre de conseil en propriété industrielle.
Bien que déjà professionnels, nous menions à Strasbourg pendant quelques semaines une vie d’étudiants. Comme toujours dans les promos de plusieurs dizaines de personnes, il se forme toujours des petits groupes de six ou sept, et j’ai eu le plaisir de faire partie du même petit groupe que lui. Nous logions dans le même hôtel et prenions généralement nos repas dans les mêmes restaurants.
Très disert, imaginatif et chaleureux, et notre aîné d’une vingtaine d’années, il était un peu notre animateur, ce qui n’était certainement pas pour lui déplaire.
Esprit curieux et cultivé aussi. Exemple : un jour il nous a parlé spontanément de l’oeuvre de Gaston Couté, un poète beauceron mort au début du XXe siècle, dont j’étais persuadé que j’étais le seul du groupe à le connaître ( je l’avais découvert par hasard un jour de flânerie chez un bouquiniste des quais de la Seine à Paris).
Il racontait des anecdotes comme celle de copains à lui de la RTF de l’époque, arrivant chez lui à l’improviste pour l’embarquer dans une opération de prise de son je ne sais plus où.
Il nous racontait aussi l’histoire d’une photo qu’il avait prise dans une usine en grève. Les ouvriers étaient réunis dans une salle et votaient à main levée sur la poursuite de la grève. Lui, à l’extérieur,à travers une fenêtre ouverte, voyant ces ouvriers (de dos) et toutes ces mains levées, avait jugé que c’était l’occasion de faire une photo réussie esthétiquement. Mais il faillit passer un mauvais quart d’heure, car quelqu’un dans la salle l’aperçut, et il fut pris pendant un moment pour un espion de la direction.
Nous nous étions revus quelquefois à Paris le temps d’un déjeuner. Notre dernier entretien (téléphonique) remonte à 1996.Je lui demandais conseil sur le choix d’un appareil pour enregistrer, en tant que simple amateur, des chants d’oiseaux, et il m’avait conseillé un enregistreur DAT dont il m’avait aussitôt récité et vanté les caractéristiques techniques, qu’il connaissait par coeur.
Cétait un personnage attachant. Sacré Maurice !

Logo de Julien solaire
mercredi 30 novembre 2011 à 16h56 - par  Julien solaire

Petite nostalgie de mon ami Maurice aujourd’hui. Je découvre votre article ça me fait dubien au coeur.

Julien Solaire

Logo de GRIPON Jean Paul
mardi 23 octobre 2007 à 08h31 - par  GRIPON Jean Paul

Bonjour
Ancien membre de l’AFDER, la disparition de M. Favre, m’attriste, il était extraordinaire dans ses présentations, gamin a l’époque il m’avait conseillé sur du matériel que je possède encore aujourd’hui. (Et qui fonctionne toujours !!!!!)
Encore merci Maurice......
Carte de membre n° 5178....(Mais oui, mais oui)

Logo de Patrick Dricot
lundi 22 octobre 2007 à 15h57 - par  Patrick Dricot

Camarade de classe au Lycée Jacques Decour d’Olivier son dernier enfant,j’avais fait connaissance de Mr Maurice Favre lorsque j’avais été invité chez eux rue Myrrha à Paris.Cet homme était tout simplement un bonheur de culture,un altruiste,passionné entre autre de cinéma,possédant un magnétoscope,un nombre incroyable de vidéos à la fin des années 70 ce qui pouvait apparaitre comme révolutionnaire ce Monsieur avait toujours une histoire, une anecdote à raconter.
Je tenais par ce simple petit message à lui rendre hommage car je n’ai malheureusement jamais revu cet homme malgré une conversation téléphonique peu avant son décès.

A ces quatre grands enfants François,Catherine, Nathalie et Olivier
je leur exprime avec beaucoup de retard toute ma compassion pour la disparition de leur papa.

Logo de Manon Vuillermet
dimanche 2 septembre 2007 à 11h27 - par  Manon Vuillermet

Toute ma sympathie et mes hommages, et ce, particulièrement pour monsieur Radiguet que j’ai eu la joie simple de rencontrer dès 1996.
Si je connaissais peu ses activités, je savais néanmoins qu’il donnait toute sa passion avec l’équipe, à la production du "son et lumière" près d’Ivry-la-Bataille.
C’est le souvenir d’un homme bon qu’il me reste.
D’un grand-père sensible et dévoué...
M. Vuillermet

Logo de P.Thomas
jeudi 17 mai 2007 à 23h51 - par  P.Thomas

Amis des sons et de tout ce qui en découle,( c’est a dire pas mal de choses !),j’apprends avec peine et nostalgie(pour ma folle jeunesse !)la disparition de Mr.Favre.En effet, ayant eu l’occasion de travailler entre 1975 et 1983 dans un magasin de "hifi" alors assez fréquenté de Paris, j’avais eu a plusieurs reprises, je m’en souviens tres bien, l’occasion de le rencontrer, et de deviser avec lui,bien sur, sur tous les sujets qui nous occupaient alors l’esprit ! et ils étaient nombreux ! Je garderai le souvenir d’un homme bon,d’un abord simple et courtois.
Ainsi, je tiens a lui témoigner ma plus grande estime, et a ses proches, mes respects.Je vous salue, amis de la reproduction sonore, les aléas de la vie m’ont quelque peu éloigné de cette branche de la technique, mais les souvenirs (agréables)ont la vie dure....