LE NAGRA VI en ENREGISTREMENT, et à L’ECOUTE…

mercredi 1er avril 2009
par  Jérôme Gavotti

LE NAGRA VI EN ENREGISTREMENT, ET A L’ECOUTE…

1- L’HERITAGE DE L’IHM ET LE BENEFICE DES SUPPORTS MODERNES

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Nagra a toujours su mettre en avant une suprématie qui est née avec l’arrivée des premières machines autonomes, il y a bientôt soixante ans.

A l’époque où la machine de reportage n’existait pas, Stephan Kudelski a su définir toute l’ergonomie d’un enregistreur portable en bandoulière. Ce que l’industrie appelle communément aujourd’hui l’I.H.M., interface homme-machine, la société Nagra l’a parfaitement concrétisé sur le Nagra III dès 1958, si bien que cette ergonomie totalement aboutie s’est poursuivie sur les machines futures de la marque, mais également copiée sur des appareils concurrents, voire même utilisant des supports « grand-public » à cassettes. La profession, jugeant des appareils nouveaux venus sur le marché, continue à faire référence à cette manipulation intuitive qui permet d’utiliser la machine à peine sortie de son emballage sans avoir à ingurgiter de mode d’emploi complexe et parfois même assez mal traduit.

Les critères de l’industrie audiovisuelle ont toutefois changé, le support numérique a gagné en compacité et autonomie. Il est cependant trop souvent associé à un interface très lié à l’environnement informatique. Pour l’anecdote, j’ai même vu des techniciens de radio à couverture nationale, attendant une sortie devant un ministère, disposant d’un ordinateur portable muni d’une carte son externe, et le démarrage de l’enregistrement au « touchpad ». Avez-vous déjà essayé ce type de gymnastique avec un PC en bandoulière, en extérieur ?

C’est en cela que le Nagra VI tranche avec la concurrence, par sa rapidité et sa simplicité de mise en œuvre, l’IHM ayant évolué vers un partage entre les commandes directes et des menus très clairs. En outre il bénéficie d’une ouverture totale vers les supports informatiques modernes, disponibles et à venir. Nous reviendrons sur cet aspect qui conditionne le choix de nombreux utilisateurs soucieux de protéger et pérenniser leurs documents.

2- PRESENTATION

Un regard approfondi a été rendu possible sur la machine, grâce au concours de Nagra France que nous remercions, et la venue de l’équipe suisse pour la présentation de la gamme faite en juin dernier. Le compte rendu a été précédemment fait par Jean-Marie Grandemange.

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Le Nagra VI est une machine six pistes, enregistrant en PCM 16 ou 24 bits, échantillonnés à 44.1, 48, 88.2 ou 96 kHz, des fichiers monophoniques ou polyphoniques au format BWF très faciles à exporter vers les stations de travail. Il est doté de quatre préamplis micro à transformateur, d’excellente qualité avec deux sensibilités d ‘entrée commutables au primaire. Chaque entrée micro alimente une des quatre premières pistes. On peut en outre alimenter les six pistes avec six entrées lignes analogiques symétriques, ou deux paires AES. Une mixette interne dotée de quatre réglages de niveau et quatre panoramiques peut fournir une réduction stéréo vers les pistes 5 et 6 en enregistrement.

Le Nagra VI désoriente, d’un premier abord, l’utilisateur du Nagra III, IV ou V, dont l’interface, au fil des générations, n’a pas changé mais évolué.

La première appréhension, injustifiée, était relative au poids de la machine. Les utilisateurs des premières générations ont les épaules qui s ‘en souviennent. Puis est arrivé le Nagra V, avec une autonomie remarquable pour seulement 3,8 kg. Le Nagra VI ne varie qu’entre 3,5 et 4,2 kg en fonction de la batterie embarquée, mais cette fois-ci pour six pistes.

La machine est, c’est une première pour la marque, livrée toute options. La façade est disponible en trois couleurs, un gris anthracite très classique, un rouge bordeaux et un bleu marine. Précisons à certains audiophiles que la couleur de la façade n’influe pas sur la couleur du son.

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La première bonne surprise est la présence d’un écran couleur très lisible et de taille confortable, heureusement non tactile. Je me suis aperçu, sur certains appareils utilisés en métrologie, que l’écran tactile est source de panne. Les machines de reportage utilisant ce type d’afficheur ne sont d’ailleurs pas munies d’un orifice pour loger un stylet toujours facile à perdre. L’affichage est paramétrable en fonction des modes d’utilisation préférés. On y retrouve les bargraphes à seuil de changement de couleur configurable, comme sur un analyseur AES Tektronix 764 par exemple. C’est un régal, n’en déplaise aux nostalgiques du galvanomètre. On gagne en précision, et tant mieux, l’aiguille n’a plus sa place sur des machines numériques.

Le clavier adjacent permet de naviguer et valider très rapidement tous les choix retenus dans les menus, et les valeurs de réglage de la mixette interne. Les quatre potentiomètres, initialement prévus pour régler les niveaux des quatre préamplis micro, peuvent être couplés et affectés à d’autres réglages. Le clavier situé au dessous et le rotacteur de « défilement » reprennent les fonctions déjà connues sur le V. Une série de douze commutateurs permet l’écoute et l’orientation au casque du contenu des six entrées. On trouve en façade un réglage de niveau casque et sorties et l’un des connecteurs casque. En effet, sur le côté latéral droit, bonne surprise et héritage du Nagra D, une seconde sortie casque est disponible.

Sur le flanc gauche, les six connecteurs XLR d’entrée sont présents, ainsi que le connecteur time-code, entrée d’alimentation et sorties permettant d’alimenter, par exemple, deux récepteurs HF à partir de la batterie interne. Sur le flanc droit, outre la seconde sortie casque, deux sorties analogiques symétriques et une paire AES permettent de disposer des six pistes paire par paire, ou un mixage six vers deux via la mixette interne (niveaux et panoramiques).

Cette récente implémentation, sur la version 1.40, rend la machine très concurrentielle vis à vis d’un certain constructeur français. Le connecteur d’extension rend les six pistes disponibles en AES en sortie de la machine. Le connecteur start/stop dont on peut inverser la polarité de commande permet de démarrer à distance la machine, lorsqu’on a les mains encombrées, par exemple, par une poignée de parabole ou une perche.

Le slot compact flash permet de récupérer sur support externe les fichiers du disque interne, pour l’instant un 120 Go identique à celui du Nagra V. Depuis la version 1.30, le disque interne 2,5’’ IDE reconnu pourra avoir une capacité de 2 To. De tels supports seraient disponibles d’ici 12 à 24 mois. Mais le support le plus prometteur est sans doute le SSD, Solid State Disk (ou Drive), qui se présente sous la forme compatible d’un disque conventionnel 2,5’’ IDE. Il est d’ores et déjà disponible en 128 Go de capacité. Il consomme moins, est très silencieux, de même nature que les cartes compact flash sans partie mobile, avec MTBF accru. Alors que le temps d’accès d’un disque à mécanique est de l’ordre de 10 ms, les SSD affichent un temps inférieur à 1 ms.

Enfin, deux connecteurs USB permettent, pour l’un de sortir les fichiers vers un PC et disque dur externe, pour l’autre l’usage ultérieur d’un mini clavier pour l’adjonction des métadonnées

3- MISE EN ŒUVRE

Rapide et intuitive, l’interface du Nagra VI permet une utilisation immédiate sur le terrain. Bien qu’étant habitué aux manipulations du Nagra V (restant une excellente machine) depuis de nombreuses années, je découvre un enregistreur qui lui est très supérieur et bien plus abordable.

On est un peu désorienté par la précision inhabituelle des réglages. Ils étaient plus approximatifs avec les potentiomètres et les galvanomètres du V. Mais le numérique a aujourd’hui plus d’exigences et de potentiel en matière de précision, ce que permettent l’afficheur couleur ainsi que les potentiomètres doublés d’une indication au dB près à l’écran. Je regrettais à tort la disparition des anciens boutons « poutre », mais la préhension à deux doigts de ces commandes permet plus de sensibilité dans la précision des réglages.

Dans un environnement bruyant, l’ampli casque se montre mieux dimensionné que sur le V, de même que le petit haut-parleur interne de repérage, sans égaler le légendaire mais lourd Goodmans de la série IV.
Nous reviendrons, lors des considérations d’écoute, sur les qualités des préamplis micro du Nagra VI. Le réglage est à la fois simplifié et plus précis. Les transformateurs sont très largement dimensionnés. On y connecte des micros dynamiques avec une sensibilité de 2,8 mV/Pa ou des statiques 48V avec une sensibilité de 10mV/Pa. L’alimentation 12V Tonader est maintenant oubliée. Ensuite on applique un offset en fonction de la sensibilité connue du microphone, ce qui permet d’afficher le niveau réel, piste par piste. Si cette opération semble déroutante, c’est en l’utilisant qu’on en perçoit le confort.

Avec la batterie interne haute capacité, de même encombrement que le modèle standard, on a une autonomie de plus de douze heures pour alimenter six pistes, là où le V « n’excédait pas » huit heures.

L’horloge interne de type Stratum III générant le time code est d’une précision remarquable.
La dérive est mieux que +/- 4,6 parties par million sur 15 ans entre -20 et +70 °C. !

Je ne reviendrais pas sur cet aspect, le chasseur de son ne synchronisant pas l’image n’en fait pas usage. L’aspect négatif de la chose, mais parfaitement connu des professionnels, est sa voracité en énergie. On préconise donc le stockage longue durée de la machine en désolidarisant la batterie.

4- POST-PRODUCTION

Le Nagra VI enregistre des fichiers monophoniques ou polyphoniques. Il est compatible avec toutes les stations de travail audio, enregistrant en PCM des fichiers au format WAV en 16 ou 24 bits, et de 44.1 à 96 kHz, totalement compatible avec les métadonnées iXML et le transport en AES 31.

La sauvegarde des fichiers, par exemple 6 canaux dans la plus haute résolution, atteindra 6 Go/heure. Le DVD vierge permettra donc de stocker environ 40 mn, ou 240 mn pour une seule piste. C’est, à cette heure, vers le CD et le DVD qu’on retiendra les solutions d’archivage. Le disque optique étant menacé du point de vue de son existence commerciale, les sauvegardes Blu Ray sont probablement plus hasardeuses…

Il est possible, par connexion USB, de « vider » jusqu’à 2 To de prises dans une station de travail, mais la copie et l’exportation par carte compact flash de haute capacité permettent également la postproduction vers des lieux où la machine n’est pas présente.

Lorsque la mixette interne est commutée en sortie (depuis la version 1.40 non disponible au moment de l’essai), elle permet de délivrer vers les sorties principales la réduction stéréo des six pistes, sans recours à une unité externe. En plus du filtre « vortex » commutable sur les entrées micro, d’une redoutable efficacité contre les bruits de vent, de nouveaux filtres plus conventionnels pourraient voir le jour, y-compris commutés en lecture. On aimerait y retrouver l’atténuation de grave pour compenser l’effet de proximité, et la bosse de présence aiguë nécessaire en deçà de la sphère critique, des commutations qui ne sont malheureusement pas toujours présentes sur les microphones.

En comparaison avec le Nagra V, le Nagra VI permet beaucoup plus de liberté pour nommer les fichiers et les répertoires. De plus, les fichiers de résolution différente à celle de la machine en enregistrement sont relus sans difficulté, ce qui n’était pas le cas des premières versions logicielles du V.

La grosse plus-value réside dans la gestion des métadonnées qui sont encore trop peu en usage et pas forcément standardisées dans leur contenu, tant l’utilisateur peut les incrémenter à sa guise.

5- A PROPOS DE MULTICANAL

Il faut bien l’avouer, nous venons de passer le 11ème FISM et je regrette un peu que l’assistance continue encore à être avide de sensations fortes, de nouveautés technologiques, plutôt que de s’engager vers des voies simples et efficaces. Les professionnels, dans leurs réalisations multicanales, obtiennent des résultats superbes au prix d’efforts considérables, mais sans cohésion avec les différents acteurs. Les financiers ne veulent pas de surcoût dans les productions. Les techniciens raisonnent trop souvent sans oublier leur savoir-faire en stéréophonie, quand le multicanal n’a plus rien à voir ; il faut tout réapprendre. Le 5.1 n’est pourtant pas la panacée, sera-t-il supplanté par le 7.1 ou le 22.2 (cher à Kimio Hamasaki) ? Doit-on continuer à spatialiser des captations monophoniques ? Si tout est possible en cinéma, originellement un art forain avec des artificiers du son, de l’image et du mouvement, l’édition musicale est plus timide.

Quelles que soient les évolutions de la reproduction spatiale des sons, les 6 canaux sont LA CONDITION NECESSAIRE ET SUFFISANTE. Six canaux judicieusement répartis constituent une solution économiquement viable, évitant des volumes de stockage au dimensionnement imposant, permettant une postproduction rapide et simple, et à la fois adaptable au dispositif et au local d’écoute si on prend soin de garder les rushes dans les « composantes » d’origine.
Les anciens mixaient les concerts sur place, directement en stéréo, sans recours au multipiste. C’est vrai, la tâche était ardue mais, avec une bonne préparation, on obtenait des résultats superbes voire meilleurs qu’avec une postproduction coûteuse et longue.

La même opération peut être reconduite en multicanal à condition de ne surtout pas mixer directement en 5.1 canaux. D’abord, dans les coulisses ou au casque, c’est impossible. En enregistrant sur trois pistes un double MS, on peut aisément, au décodage, faire de la discrimination angulaire pour obtenir jusqu’à 12 canaux tous les 30 degrés. Sur trois pistes supplémentaires, on enregistre un front d’onde gauche, centre, droit, contenant le mixage du front, des solistes et des appoints. Il ne reste alors qu’à caler avec trois lignes à retard le front d’onde avec le référentiel spatial, puis d’additionner le front avec le double MS décodé.
On peut alors affiner la restitution dans le local, quand le mixage 5.1 en direct ne donne pas de bons résultats. En effet le cercle ITU n’est pas toujours respecté.

Le Nagra VI permet parfaitement l’enregistrement de ces 6 canaux composantes. Pour en affiner la manipulation, on pourra espérer, dans les prochaines versions logicielles, le couplage des réglages de niveau pour les pistes 3 par 3, avec un offset de niveau entre pistes quand les micros ont des sensibilités différentes (cas possible en double MS).
L’archivage en 6 canaux composantes permet de redécoder le signal quelle que soit la configuration d’une nouvelle installation. C’est également l’une des préconisations que l’on retrouve sur le site Ambisonic : archiver au format B ou B+ les captations faites avec un Soundfield.

En l’occurrence, le décodage des formats B et B+ est maintenant très facile avec la mixette 6 vers 2 disponible en sortie sur le Nagra VI. Il serait cependant très appréciable de stocker et nommer dans des banques mémoires les valeurs des 12 potentiomètres pour rappeler immédiatement le décodage idoine.

6- L’ECOUTE DU VI

L’expérimentation qui a été menée au conservatoire s’est déroulée en deux phases. Nous avions l’habitude, lors de nos séances de test et d’écoute audiophile, de nous référer à un panel de morceaux choisis et connus de tous, sur des enceintes qui sont maintenant en voie de renouvellement, d’où une perte de repères avec cette transition.
Cette fois-ci le Nagra VI a participé à un enregistrement simultané aux côtés du Nagra V. Les captations étaient identiques. Il a été installé deux couples de MKH40 en configuration quasi-ORTF (quasi pour des commodités de superposition), chacun des couples alimentant les entrées de l’un et l’autre magnétophone, configurés en 24/96.

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Le quatuor Oxalis (2violons, 1alto, 1 violoncelle) nous a interprété un répertoire très varié allant de Corelli à Gardel, passant par Offenbach.

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Les deux machines ont été démarrées et indexées simultanément. Bien que le réglage de niveau des deux machines et les deux afficheurs ne présentent pas les mêmes propriétés, les deux appareils ont enregistré des modulations avec des niveaux presque identiques, présentant des crêtes maximum à –6 dBFS. Le niveau de bruit dans la salle oscillait entre –57 et –54 dBFS. Les fichiers du VI avaient été dupliqués sur le V.
L’écoute a été réalisée sur deux enceintes amplifiées que l’AFDERS connaît déjà, pour sa bonne réponse impulsionnelle. Quelques extraits ont été présentés, certains riches en notes tenues et d’autres spectaculaires sur les attaques de cordes pincées.

Le Nagra V a montré une très grande précision dans la transcription du message sonore, des graves riches et profonds, un extrême aigu non dénaturé comme c’est parfois le cas lorsqu’un mauvais filtrage de convertisseur introduit des rotations de phase.

Le Nagra VI s’est montré beaucoup moins agressif avec plus de micro-informations dans les bas niveaux, un richesse de petites réverbérations qui donnent « de l’air » autour des instruments. On pouvait supposer que les deux couples de MKH40 n’étaient pas au même endroit. Au final, le Nagra VI se montre beaucoup plus fin dans l’analyse des micro-détails et autorise une écoute plus durable et moins fatigante. Je ne m’étais jamais lassé de longues heures d’écoute du Nagra V. Avec le Nagra VI cela pourrait devenir une addiction.

Pour partie, l’auditoire a apprécié l’enregistrement du VI sur les convertisseurs et étages de sortie du V : on y retrouve un peu la qualité originelle des préamplis micros et convertisseurs du VI qui sont très supérieurs.

Lors de l’écoute, la version 1.30 ne permettait qu’un niveau fixe en sortie. Il est devenu variable, couplé à la commande de casque, sur la version 1.40.

7- LES DEVELOPPEMENTS DU VI

Pour l’instant, les membres de l’AFDERS peuvent se targuer d’être sur un petit nuage. Si, au mois de juin 2008, la présentation de la machine de pré-série montrait quelques lacunes (une seule paire AES disponible en sortie, pas de mixette en entrée ni en sortie, pas de couplage des potentiomètres…), tous nos souhaits, voire tous nos délires, ont été exaucés. Merci à l’équipe de Cheseaux. La plate-forme logicielle se montre donc très évolutive et ce, rapidement. L’industrie fournira sans aucun doute de nouvelles générations de supports (avec les SSD), de batteries (on parle de démocratisation des piles hydrogène).
On pourra espérer des pistes virtuelles 7 et 8, de la souplesse dans les raccourcis programmables et des présets de mixage, de nouvelles générations de filtres, un NAVICOM avec des pavés de macro pour un import/export direct vers un tableur courant.

Je reste toutefois perplexe sur l’utilisation du microphone numérique relié en AES 42. C’est l’espoir de certains, il y a pourtant de nombreux inconvénients. L’AES 42 est énergivore en reportage, avec des consommations allant de 100 à 250 mA en 12v fantôme. Les commutations de filtre, sensibilité, fréquence d’échantillonnage, limiteur, ne sont configurable que par menu via écran et clavier, avec réglage variable du niveau AES. Une entrée AES 3 stéréo pouvant accueillir 2 AES 42, ces conditions sont faciles à réunir en studio mais complexifient la gestion en extérieur. Je ne crois pas à la disparition du microphone analogique, mais les lois du marché sont parfois imprévisibles. Le home-studiste semble apprécier les microphones bon marché USB.
Avec une hypothétique mixette AES 42 en complément du VI ( 4 AES 42 directes vers 2 AES 3, ou 4 AES 42 mixées vers 1 AES 3 ), le Nagra VI deviendrait-il la première machine universelle abordable ? La tâche n’est pas simple, pour satisfaire tous les utilisateurs. Mais c’est aujourd’hui un des axes principaux de recherche de Neumann et Sennheiser, que de rendre autonome sur batterie et configurable en portable le microphone numérique.

8- CONCLUSION

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Fort de cet essai comparatif très favorable à la nouvelle et moins onéreuse génération, le Nagra V restera une machine appréciée vouée à la numérisation et au stockage des archives, tandis qu’en extérieur le besoin de canaux supplémentaires est devenu incontournable. Le Nagra VI, en tout point supérieur, et avec une capacité de 2 To possible, pourrait, outre ses qualités évidentes sur le terrain, devenir le serveur de référence des audiophiles…

Un immense merci à Francis Guerra et Raphaël Mendez qui ont rendu possible cet essai comparatif et cette évaluation.

Jérôme Gavotti

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Commentaires

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mercredi 6 août 2014 à 12h05 - par  Ctesibios

Bonjour,

Producteur de disques d’orgue, j’utilise depuis 2011, un Nagra VI avec des couple Shoeps (omni et ortf).

Qualit et ergonomie apprciables.

Une seule prcaution prendre, j’utilise le trs pratique pr-record, et ai eu le malheur sur un de mes disques de m’tre plac en dessous des micros (perchs 7 mtres quand-mme) et ai eu la dsagrable surprise d’entendre le lger clic de mise en marche.

Btise que je n’ai plus renouvelle

Cordialement

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samedi 8 mai 2010 à 18h56 - par  PERSOZ

bonjour,
Nagra et Mr Guerra ont été depuis très longtemps une et ma référence [ en qualité d´amateur de l´enregistrement]
Malheureusement je ne puis satisfaire pour de multiples raisons mon envie d´acquérir un nagra VI, après avoir eu
un IV S avec QGB.
Je vous souhaite les évolutions les plus éminentes dans vos produits qui sont toujours une référence dans le son , et que Mr Guerra reste le plus longtemps possible dans cet environnement ou je reste persuadé sa présence est
indispensable.
Bien cordialement
M.Persoz