Supports Haute Définition (1)

Notre séance – table ronde – d’avril 2011
mercredi 29 mai 2013
par  Claude Ollivier

Cet article dont la rédaction a été plus longue que notre connaissance de l’évolution des techniques qui reste, il faut bien le dire, très confidentielle, est divisé en trois parties.
1) Notre séance – table ronde – d’avril 2011
2) Le point sur les solutions (malheureusement au pluriel) et notre connaissance en 2013.
3) Les écoutes

Réflexions sur les systèmes et standards pour l’échange et la diffusion de

Supports Haute Définition

L’histoire de l’enregistrement et de la reproduction sonores est pleine de batailles portant sur la standardisation des supports et des codages.

L’histoire commence avec la gravure des cylindres, puis des disques. On note la diversité des diamètres de disques (17cm, 25cm, 30cm), et celle des vitesses de rotation (16, 33, 45 et 78tr/mn). Avant qu’elle ne soit standardisée par la RIAA (Record Industry Association of America), plusieurs standards de pré-accentuation avaient été mis en œuvre.

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L’enregistrement analogique sur bande libre a utilisé différentes vitesses de lecture, de 2,4cm/s à 38cm/s, des standards de pré-accentuation différents, CCIR ou NAB, ou des modalités d’utilisation différentes de la largeur de la bande : pleine piste, 2 ou 4 pistes, pour ce qui concerne les bandes 1/4 de pouce utilisées par les amateurs et professionnels, sans compter les problèmes de standardisation du diamètre des bobines. Nombreux sont ceux qui ont rêvé utiliser les bandes libres pour des échanges ou la commercialisation des enregistrements, sans réel succès.

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Le succès a été au rendez-vous avec l’arrivée de la mini-cassette [1] , malgré la multiplicité des types de bandes : oxyde de fer, de chrome, ferrichrome ou métal, avec, pour chaque type, un réglage particulier de prémagnétisation et de pré-accentuation, et celle des réducteurs de bruits Dolby B, puis C, et dbx. Des enregistreurs 4 pistes ont également été commercialisés.

Le numérique a tout d’abord fait ses premiers pas en utilisant, pour l’enregistrement, des magnétoscopes aux standards VHS ou Betamax (le PCM-F1 de Sony, bien connu des preneurs de son de l’AFDERS). Le Nagra D, fait aussi appel à une technologie de magnétoscope, ainsi d’ailleurs que la cassette DAT qui en est une version miniaturisée. Evidemment, la cassette DAT a retenu une fréquence d’échantillonnage de 48kHz, différente de la valeur 44,1kHz du CD. La cassette DAT a permis les échanges, même si ce n’était pas au même niveau que la "minicassette" analogique. [2]

Le CD a, dans un premier temps, été lu sur des appareils qui n’étaient pas conçus pour enregistrer, à la grande satisfaction des éditeurs. Les utilisateurs avaient cependant pris goût à l’accès immédiat aux plages et le CD-R enregistrable a été mis au point, permettant un échange aussi aisé que celui faisant appel aux cassettes. Le Minidisc présentait les mêmes avantages et permettait le montage, mais était accompagné d’une réduction de débit. Il a eu sa chance, à la différence de la cassette DCC qui ne permettait pas un accès immédiat aux plages enregistrées. Les éditeurs n’avaient pas anticipé une telle facilité de copie et d’échange des CD et n’ont pas souhaité faciliter les choses aux amateurs lors du développement des supports haute définition, tels que le DVD Audio ou le SACD.

La plupart de ces supports d’échange comportaient deux canaux. Le son multicanal (5 + 1 canaux) fit, dans un premier temps, appel à la compression de données, permettant de loger six canaux dans un espace prévu pour deux. Combiné à l’image, il put ainsi être intégré dans un DVD, et, s’agissant du son seul, être enregistré sur des CD-R ordinaires, après codage selon le standard CD-DTS, et lisible sur tout lecteur de DVD du commerce, voire de CD, munis d’une sortie numérique reliée à un amplificateur multicanal.

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C’est ainsi que les enregistrements en multicanal effectués à l’AFDERS ont pu être diffusés aux membres et aux musiciens, la seule condition étant, pour le preneur de son, de disposer d’une licence du logiciel d’encodage DTS, disponible pour moins de 100 euros. Mais qu’en est-il des possibilités d’échange des enregistrements en haute définition, et multicanal ?

La première possibilité est d’enregistrer en 24bits/96kHz selon le standard DVD audio. La seconde est d’enregistrer selon le standard SACD. Certains enregistreurs (Tascam, par exemple) permettent cela jusqu’à une fréquence d’échantillonnage de 192kHz. Plus récemment, est apparu le standard BD (Blu-ray), mais ce dernier échappe aux possibilités du grand public et seuls deux éditeurs (2L et NAXOS) l’utilisent pour l’audio.

Des outils sont disponibles, en tant que "plug-ins" de logiciels tels que Protools, Pyramix, etc, afin d’encoder sans perte des enregistrements en multicanal et en haute définition (DTS-HD, par exemple), lisibles sur des disques durs multimédia comportant des sorties adaptées aux appareils de reproduction grand public. Cependant, l’exploitation des standards haute définition récents reste assez compliquée (elle n’est en effet pas facilitée par les éditeurs et c’est un euphémisme [3] ), dès lors que l’on veut faire autre chose que sauvegarder [4].

On notera par ailleurs une évolution des mentalités : les gens consomment, mais ne "collectionnent" plus. Les jeunes ont pris l’habitude d’écouter la musique au casque et deux canaux leur suffisent. L’on voit donc de plus en plus de lecteurs SACD restreints à deux canaux, malgré les potentialités du standard, et l’on constate la mise sur le marché d’amplificateurs pour casques de très haute qualité destinés aux amateurs de ce type d’écoute qui veulent évoluer, sans même parfois que leurs concepteurs aient songé à les pourvoir d’une sortie ligne permettant de les utiliser avec des enceintes [5]. …

QUEL SUPPORT POUR DES ECHANGES DE FICHIERS EN HAUTE DEFINITION ?

Dans ce contexte, le preneur de son peut gérer les fichiers haute définition et multicanal avec son ordinateur, un disque dur, un logiciel de montage [6] et de codage, et une interface /convertisseur permettant la liaison avec la chaîne de reproduction. Mais comment échanger de tels fichiers, qui peuvent atteindre 8 à 10 Go pour un concert enregistré sur 6 canaux ? Deux possibilités paraissent appropriées : le serveur, avec possibilité de connexion par Internet, et la clé USB, dont le prix a suffisamment baissé pour qu’elle devienne compétitive vis à vis des autres supports physiques.

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A titre d’exemple, l’éditeur canadien Fidelio [7] édite des enregistrements haute définition sur carte flash USB de format carte de crédit, ce qui permet d’imprimer les informations utiles sur l’œuvre contenue. Nous disposons à ce jour d’enregistrements stéréophoniques réalisés en 24bits/96kHz et 24bits/176kHz, approvisionnés auprès du site de l’éditeur. S’agissant de disques "physiques", le dernier support sera probablement celui exploitant le standard Blu-Ray. Pour l’instant, les éditeurs ne se bousculent pas au portillon pour imiter 2L ou NAXOS…

Dans l’attente de standards d’échange aussi ouverts que l’ont été la cassette ou le CD enregistrable, l’amateur d’enregistrement dispose donc essentiellement de deux possibilités : celle faisant appel au téléchargement (si l’on est pas pressé) et les échanges sous forme de clé USB, pour autant que l’information soit codée sous une forme reconnaissable par le logiciel de lecture. Des progrès sont donc possibles, et même attendus, dans ce domaine, pour autant que le public soit suffisamment nombreux à exprimer un intérêt pour une telle possibilité, ce qui n’est pas garanti à court terme.

C. Ollivier et JM. Grandemange.
(Table ronde afders avril 2011)


[1Par contre, ce fut le "Flop" pour l’Elcaset, développée par Sony et utilisant la bande 1/4 pouce défilant à 9,5cm/s.

[2Le "standard" Nagra D n’est plus utilisable, faute de bandes disponibles.

[3Nous avons rencontré le même type de difficulté avec le SCMS (Serial Copy Management System) visant à prévenir le risque de copie sans perte des CD sur bande DAT, qui empêchait les preneurs de son et musiciens qui ne disposaient pas d’appareils professionnels de dupliquer sans perte leurs propres prises de son.

[4Il faut parler également du prix des licences qui n’est pas du tout à la portée de tous : 250$ en février 2013 version pour Blu Ray auquel il faut rajouter les licences pour autoring roxio dvdit hd 499 $

[5Voir l’article "Off the leash !" de Ken Kessler dans le numéro de janvier 2013 de la revue HiFi-News

[6Certains de nos membres ont utilisé le logiciel NUENDO de Steinberg en multicanal avec succès.

[7Voir le site www.fidelioaudio.com, pour plus d’informations.


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